Serge Simon et Eric Besson
IDENTITÉ NATIONALE. Le ministre Éric Besson a tiré hier un premier bilan favorable du débat. La contribution de l’ancien rugbyman Serge Simon va être publiée
Éric Besson est content de son bilan
Sauf à stationner en permanence face à son écran et au site Internet dédié (www.identitenationale.gouv.fr), il est difficile d’analyser une par une les 26 000 premières contributions reçues et de contester les 540 000 visites annoncées hier par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, ainsi que les 50 000 contributions.
Un large consensus
Brice Teinturier, de l’institut TNS Sofres, a tiré les premières conclusions qui vont dans le même sens que celles du ministre. D’après lui, « les débats ont révélé un large consensus sur les éléments constitutifs de l’identité nationale et sur un certain nombre de valeurs ». Et d’expliquer : « Le respect des droits et des devoirs apparaît comme une condition incontournable du vivre ensemble au sein de la communauté nationale. » Le directeur général adjoint de l’institut de sondage a aussi réuni quelques propositions : solenniser l’accession à la citoyenneté par un serment citoyen, revaloriser le civisme, revaloriser les symboles de la République, faire vivre l’égalité des chances et lutter contre la discrimination, pérenniser le débat sur l’identité nationale.
Éric Besson a néanmoins concédé que « l’immigration fait partie de l’identité nationale » et « ne pas discuter des enjeux de l’immigration, c’est faire le jeu des xénophobes ».
« M.
Besson nous baratine »
Djamila Sonzogni, des Verts, n’a pas dû assister aux mêmes réunions, puisqu’elle a réagi en déclarant : « Je ne peux pas croire le bilan que M. Besson nous donne. Ce n’est pas ce que j’ai vu de mes propres yeux et ce qui ressort des témoignages que j’ai réunis. » Elle affirme que les débats « rassem- blaient beaucoup plus de gens âgés et de militants de l’UMP que de jeunes et de gens de gauche ». Avant de conclure : « Besson nous baratine. »
Le Girondin Serge Simon sera sans doute ravi d’apprendre que sa contribution sollicitée début décembre « va paraître sur le site aujourd’hui ou demain », d’après le directeur de cabinet d’Éric Besson. L’ancien champion de France de rugby avait été contacté par le cabinet du ministre pour, explique-t-il, « donner, comme d’autres sportifs ou anciens sportifs, sa contribution au débat » (lire ci-contre). « On me demande de participer à un débat que je condamne dans son essence. On me répond que la contradiction est nécessaire pour rendre un débat pertinent. Participer en s’y opposant le rendrait donc plus légitime. Ce n’est pas le moindre des paradoxes que pose ce débat. »
Ministre en fureur
En décembre, Serge Simon accepte avec l’assurance que sa contribution ne sera pas dénaturée. « Elle sera très vite virée, un membre du cabinet m’expliquant que le texte a mis le ministre en fureur. » De la part d’un garçon connu pour avoir appartenu à l’entourage de Ségolène Royal et avoir été présent sur la liste du PS Alain Rousset lors des dernières municipales à Bordeaux, on ne pouvait guère s’attendre à une adhésion franche et massive aux thèses bessoniennes.
Nous avons donc contacté hier en début d’après-midi le cabinet d’Éric Besson, où on ne se souvenait pas d’avoir lancé cette initiative mais où on promettait de se renseigner… À 19 heures, la réponse était prête. Les excuses aussi : « Le site a eu un tel succès, les modérateurs ont été débordés et absents durant les fêtes », etc.
La poursuite de ces débats dont une partie de la gauche et des membres de l’UMP – et pas des moindres (Juppé, Baroin, Raffarin) – demandaient la suspension est-elle remise en cause ? Éric Besson ne l’a pas évoqué lors de son intervention hier, sauf à dire : « Je participerai à un grand nombre de débats locaux, à Paris, en région parisienne, mais aussi à Lyon, à Marseille, à Lens ou à Mazamet. » »